Calculer ses 67 points et son score CRS : le mode d’emploi de notre outil gratuit
Ce qu’il faut sortir avant de commencer, où saisir ses notes de langue, comment lire le résultat, et le piège du TEF Canada qui fausse tout.
Le calculateur du site répond à deux questions que beaucoup de candidats confondent. La première : avez-vous le droit de déposer un profil comme travailleur qualifié ? La seconde : une fois dans le bassin, à quel rang êtes-vous classé ? Chaque onglet de la page traite l’une des deux.
Ouvrez la page Calculer mes chances et repérez les deux onglets en haut de page : Test d’admissibilité (67 points) et Score CRS (Entrée Express).
Ce qu’il faut sortir avant de commencer
Remplir de mémoire ne sert à rien. Posez devant vous votre attestation de test de langue avec les quatre notes, votre plus haut diplôme, le rapport d’évaluation des diplômes (EDE) si vous l’avez déjà, et le compte exact de vos années d’expérience qualifiée sur les dix dernières années. Si un conjoint vous accompagne, il vous faut aussi son niveau d’études et ses notes de langue à lui.
Sans compte, vos réponses restent dans votre navigateur et s’effacent dès que la page s’actualise. Avec un compte gratuit, elles se conservent et vous les retrouvez à la visite suivante.
Le premier onglet : les 67 points
IRCC demande 67 points sur 100, répartis sur six facteurs, avant même de vous laisser entrer dans le bassin. L’outil affiche le détail pendant que vous saisissez : langues sur 28, âge sur 12, études sur 25, expérience sur 15, emploi réservé sur 10, adaptabilité sur 10.
Vous ne déclarez jamais un niveau canadien, seulement vos notes réelles. La page convertit en NCLC et en CECRL à côté de chaque case, au fur et à mesure. Le minimum tient en une phrase : NCLC 7 dans les quatre épreuves de la première langue. Un test dans la deuxième langue officielle reste facultatif et rapporte 4 points si vous atteignez NCLC 5 partout.
Pour les études, un diplôme obtenu hors du Canada suppose une évaluation des diplômes. Pour l’expérience, le minimum est d’un an continu dans les dix dernières années, dans la même profession, en catégorie TEER 0 à 3. Dans la partie adaptabilité, dix points au maximum : cinq pour deux années d’études au Canada, dix pour un an de travail qualifié au Canada, cinq pour un parent proche de 18 ans ou plus, citoyen ou résident permanent, qui vit au Canada. Si votre conjoint vous accompagne, entrez ses notes de langue comme les vôtres : les cinq points sont acquis dès NCLC 4 dans les quatre épreuves.
La grille des 67 points, facteur par facteur
L'âge rapporte jusqu'à 12 points : 12 de 18 à 35 ans, 11 à 36 ans, 10 à 37 ans, puis un point de moins par année, jusqu'à zéro à 47 ans.
Les études rapportent jusqu'à 25 points : 25 pour un doctorat, 23 pour une maîtrise ou un diplôme professionnel, 22 pour deux diplômes postsecondaires dont un de trois ans ou plus, 21 pour un diplôme postsecondaire de trois ans ou plus comme une licence, 19 pour un diplôme de deux ans, 15 pour un an, et 5 pour un diplôme d'études secondaires. Attention : au Cameroun, le baccalauréat est un diplôme secondaire. Il vaut 5 points, pas 21, et il ne suffit pas à lui seul pour atteindre 67.
La première langue officielle rapporte jusqu'à 24 points. Il faut au moins NCLC 7 dans les quatre compétences ; chaque compétence vaut alors 4 points au NCLC 7, 5 au NCLC 8 et 6 au NCLC 9 ou plus. La seconde langue officielle ajoute 4 points si vous avez au moins NCLC 5 dans les quatre compétences.
L'expérience de travail qualifiée, dans un emploi de catégorie FEER 0, 1, 2 ou 3, rapporte 9 points pour un an, 11 pour deux ou trois ans, 13 pour quatre ou cinq ans et 15 à partir de six ans.
Une offre d'emploi valide au Canada rapporte 10 points. L'adaptabilité, enfin, plafonne à 10 points : 5 si votre conjoint a au moins NCLC 4 dans les quatre compétences, 5 pour des études au Canada, les vôtres ou celles de votre conjoint, 10 pour votre propre expérience de travail au Canada, 5 pour celle de votre conjoint, 5 pour une offre d'emploi, et 5 pour un parent proche citoyen ou résident permanent au Canada.
Un exemple : un candidat de 30 ans, avec une maîtrise, quatre ans d'expérience et un NCLC 9 en français, sans offre d'emploi ni parent au Canada. Il obtient 12 points pour l'âge, 23 pour les études, 13 pour l'expérience et 24 pour la langue, soit 72 points. Il est admissible.
Le piège du TEF Canada
C’est l’erreur la plus fréquente, et elle fausse tout le résultat. Votre attestation TEF Canada porte deux colonnes de chiffres. Celle qu’IRCC demande pour Entrée Express est la colonne « Équivalence ancien score » : compréhension de l’oral sur 360, compréhension de l’écrit sur 300, expression orale sur 450, expression écrite sur 450. Ce n’est pas le score sur 699.
La page vous le rappelle sous les cases dès que vous choisissez TEF Canada. Et si vous tapez quand même un chiffre hors de l’échelle, la case passe en rouge avec le maximum ou le minimum du test, et aucun point n’est compté pour cette épreuve. Le même contrôle joue pour le TCF Canada, où la compréhension va de 100 à 699 et les expressions sur 20, pour l’IELTS de 0 à 9, pour le CELPIP de 0 à 12 et pour le PTE Core de 10 à 90.
Le second onglet : le score CRS
Une fois admissible, votre profil est classé dans le bassin selon le Système de classement global, sur 1 200 points. Le second onglet de la page Calculer mes chances suit la grille en vigueur du 25 mars 2025 au 2 novembre 2026, sans points d’offre d’emploi. Les points ajoutés le 3 novembre 2026 pour certaines offres d’emploi et pour l’expérience canadienne dans les métiers à salaire élevé n’y sont pas encore comptés.
Le détail sort en quatre blocs : capital humain sur 500, conjoint sur 40, transférabilité sur 100, points supplémentaires sur 600. C’est dans ce dernier bloc que se logent la désignation provinciale, qui vaut 600 points, le certificat de compétence d’une province, jusqu’à 50, et le frère ou la sœur qui vit au Canada, 15 points. La langue à elle seule pèse jusqu’à 160 points, et le bonus francophone de la deuxième langue peut monter à 50.
Lire le résultat sans se tromper
Sous votre score, la page affiche les seuils des derniers tirages officiels et, pour chacun, soit une coche, soit le nombre de points qui vous manquent. C’est ce chiffre qu’il faut retenir : il dit exactement ce qu’il reste à combler.
Juste en dessous, l’encadré « Comment gagner des points ? » liste les leviers de votre cas précis : viser NCLC 9 à la première langue, passer un test dans la deuxième langue, faire évaluer un second diplôme. La page rappelle que passer de NCLC 7 à NCLC 9 peut rapporter plus de 90 points. Vous pouvez enregistrer votre score en image pour le garder sous la main.
Retenez enfin ce que l’outil ne fait pas. Il ne crée aucun profil, il n’envoie rien à IRCC, et il ne regarde pas vos pièces. Son calcul reste une estimation : seule la note calculée par IRCC fait foi. Refaites-le avec d’autres hypothèses, c’est gratuit et immédiat : Calculer mes chances